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CRT Centre de Reproduction des Tortues des Albères GUARRIGUELLA |
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Tout comme la Testudo hermanni hermanni du Massif des Maures dans le Var, la Testudo hermanni hermanni du Massif des Albères (Pyrénées) est gravement menacée et ses effectifs diminuent de manière inquiétante. En 1984, un gigantesque incendie a d'ailleurs décimé toute la population des Albères françaises. Restent encore quelques populations côté espagnol. |
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| Devant ce constat alarmant, en cette même année 1984, 4 espagnols ont décidé d'oeuvrer pour la conservation de la tortue d'hermann des Albères. En 2001 et 2002, j'ai rencontré deux d'entre eux Joan Budo et Xavier Capalleras au CRT (Centre de reproduction des Tortues) de Garriguella, petit village se situant à une quarantaine de kilomètres au Sud Est de la frontière espagnole. |
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J'ai pu apprendre, au travers de nos discussions, que la législation de Catalogne était sensiblement différente de la législation française en matière de conservation de la tortue d'hermann. En premier lieu, elle interdit purement et simplement la détention des tortues, peu importe leur âge et les justificatifs. Un particulier découvert avec une ou plusieurs tortues se verra saisir ses tortues et infliger une sévère amende. De tels faits sont volontairement mis au grand jour dans la presse dans le but "d'encourager" d'autres propriétaires de tortues à remettre leurs protégées à un centre de récupération des tortues. Des plaquettes d'information expliquant que la tortue est un animal sauvage sont distribuées dans les écoles. Il y a des financements du gouvernement de Catalogne pour l'information pédagogique et les mentalités ont réellement évoluées, la plupart des espagnols ne conçoivent pas, aujourd'hui, d'avoir une tortue dans leur jardin. D'autre part, ils peuvent utiliser des tortues venant de particuliers pour produire des juvéniles en vue des relâchés dans la nature. En France, au contraire, la SOPTOM, organisme de conservation bien reconnu, n'a plus le droit aujourd'hui d'utiliser les tortues venant de particuliers comme reproducteur en vue des relâchés. Les arguments avancés sont pourtant compréhensibles :
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Au 1er argument, mes interlocuteurs du CRT d'Albera me répondent que dans la nature, compte tenu de la densité, les tortues sont très peu en contact entre elles et que d'autre part, les sujets relâchés sont des juvéniles suivis au CRT pendant 2 ans. Pour le risque d'hybridation, ils m'ont répondu qu'en dehors de ces juvéniles de souches certaines, n'étaient relâchés dans les populations naturelles que des adultes qui ne comportent aucune caractéristiques morphologiques douteuses et pour lesquels l'ancien propriétaire a précisé qu'il les avaient trouvées dans les Albères. Pour les autres Testudo hermanni hermanni, dont la plupart proviennent de trafics avec Majorque, les relâchés se font dans un autre site où les populations naturelles ont complètement disparues : le "Parc Natural del Garraf". |
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D'autre part, selon leurs dires, une étude italienne aurait mis en évidence que toutes les Testudo hermanni hermanni auraient les mêmes caractéristiques génétiques ( à confirmer ! ) même si on constate des différences morphologiques qui s'expliquent de par les répartitions géographiques différentes (Var, Corse, Baléares, Albères, Italie,...). A ce sujet, il m'a été précisé qu'il n'y avait toutefois pas de différences notables entre la Testudo hermanni hermanni du Var et celle des Albères. |
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Environ 300 tortues sont relâchées chaque année dans le Parc Natural de l'Albera dont la superficie est de 10000 hectares. Aujourd'hui, une étude est en cours pour réintroduire la Tortue d'hermann des Albères sur un site où elle a complètement disparu : le Parc de Cap de Creus. Des émetteurs sont placés sur un petit pourcentage d'individus afin de pouvoir faire un suivi et des statistiques. On estime aujourd'hui que la population des Albères est de l'ordre de 5000 individus, c'est à la fois peu et suffisant pour croire à leur conservation. Le programme de recensement qui va démarrer très prochainement apportera des informations plus précises quant aux effectifs et à la qualité du plan de conservation entrepris durant tous ces dernières années. |
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Une question qui me tenait à coeur portait sur des réintroduction dans les Albères françaises et leur éventuelle coopération. Leur réponse ne m'a pas laissé beaucoup d'espoir à ce sujet. En effet, le biotope naturel a été en très grande partie détruit par ce fameux incendie et depuis, le massif a été fortement colonisé par l'homme puisque ces terres sont aujourd'hui tapissées de vignobles ! |
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Dominique MARANT |
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